sunny parkFin du XXIe siècle. Une ville du vieux continent. Sa population avoisine les cent millions d’habitants qui fréquentent assidûment le Sunny Park, le gigantesque parc d’attraction qui ceinture la cité sur des centaines de kilomètres et ne cesse de s’étendre. Comme au temps de Sodome et Gomorrhe, on y vit dans une oisiveté morbide, sous l’empire des nouvelles drogues, du jeu et des plaisirs.

Comment stopper l’extension du Sunny Park ?

La solution viendra-t-elle de la forêt primitive ?

Le miracle du retour à la nature se produira-t-il pour que renaisse l’harmonie du commencement ?

Extraits:

 

    Ville dans la ville, la tour hexaédrique fut conçue par un architecte audacieux qui entreprit de défier les lois de l’équilibre en érigeant une structure urbaine de mille deux cents mètres de hauteur, à six versants tout en combloc, l’un des fleurons du Sunny Park dont la surface de base avoisinait quatre-vingts hectares. Au plus fort de sa fréquentation, cent cinquante mille personnes pouvaient être logées  dans l’édifice dont les parties inférieures abritaient un aquarium géant, un labyrinthe à miroirs pour jeux masqués, ainsi que des espaces entièrement consacrés aux loteries – on en dénombra plus de six cents, deux mois après l’ouverture de la tour – des loteries aux gains les plus extravagants: séjours en zone nature, cures de ressourcement cellulaire en caisson revitalisant,  expériences de sommeil onirique antidépresseur, greffes de nouveaux visages sur mesure, vitamines transcutanées euphorisantes, accoutumances à l’attente et à l’ennui apathique, dégustation de filets d’oie  à l’aigre-doux de gingembre, journées de perfectionnement libidinal en phéroscenter, séances de stimulation de la mémoire olfactive en laboratoire, approche accompagnée de femmes géantes…

 

    Au-dessus de lui, à la verticale de son regard, le compas écarté de deux interminables jambes orientales, des cuisses dravidiennes, une toison ténébreuse, un secret noir, un trésor accessible. Le sarong de soie rose se desserra, les jambes se plièrent lentement, la toison se rapprocha, vigoureuse, odorante. Des fesses de santal obstruèrent son champ visuel., puis un cratère incandescent au milieu de la dense végétation bouclée… Une blonde enfin pour clore le tableau,  une femme du nord plutôt grasse, une femelle jarretée, le buste ceint par une serviette noire, assise dans une alcôve, radieuse comme une icône, tenait un verre plein de ginger-up sur ses genoux, observait la scène, prête à intervenir…