La nuit des veuvesDes veuves troublantes exercent leur pouvoir sur des hommes trop sensibles, croisés au hasard de la vie. L’éros, l’aventure, le voyage, constituent le fil rouge de ces six nouvelles rédigées d’une écriture élégante, au service d’une imagination sans cesse en éveil.

Le lecteur suit les traces de ces femmes irrésistibles du Portugal à l’Irlande, de l’Auvergne au Cotentin, de la Bretagne à la Hollande, autant de décors plantés pour un suspense haletant.

 

 

Extraits:

 

     Dans la chambre, la demi-obscurité poussait à mieux voir les contours. Je l’entendis manœuvrer plusieurs tiroirs pour chercher une bougie. Apres l’avoir allumée, elle s’avance au milieu de la pièce. Isabel commença tout de suite à se dégrafer par le haut. Elle recula d’abord d’un bon mètre comme pour mieux se montrer. C’était vraiment un beau morceau, blond et laiteux, d’une fermeté considérable, mince jusqu’à la taille, puis forte du bas des hanches et des cuisses. L’émouvante et impensable beauté d’une veuve !

   On s’est revus ensuite plusieurs fois par semaine. Je l’accompagnais dans ses tournées de journaux. Dans la voiture on n’échangeait pas un mot, le plus souvent à cause de la fatigue et du froid. Le rituel était parfaitement orchestré. Après le petit déjeuner, on se précipitait dans sa chambre. Une fois les ardeurs passées, on restait des heures à parler. La parole était sa première nature. Elle semblait hantée par une seule idée, la recherche de l’homme idéal, un modèle rare de type dominant, mais parfaitement malléable, un super mâle qui devait assouvir à tout moment le moindre de ses caprices. Non sans crainte, je me suis souvenu d’une citation de Lacan, ” l’hystérique est une femme qui cherche un maître sur qui régner “. Mais Clotilde n’avait rien d’une hystérique, en apparence.